1 opticien sur 5 propose une fraude à la complémentaire santé. Par Tiphaine DELORME

En tant que professionnels des régimes santé confrontés, au quotidien, à des cahiers des charges déraisonnables ou en gestion à des factures délirantes, le constat ne nous étonne pas...

Mais l’article récent de l’UFC que Choisir, même s’il est tendancieux envers les organismes assureurs accusés de complicité, a le mérite de « factualiser » les choses.

En effet, l’UFC a enquêté via des "clients mystère" qui se sont rendus chez 1.188 opticiens en France, soit plus de 10% des magasins ce qui est un échantillon réellement significatif !

Le "client mystère" disait vouloir s’équiper de verres simples, était chargé de choisir une monture d’un montant minimal de 140 € et devait communiquer à l’opticien la garantie maximum de sa complémentaire, soit 90 € pour la monture et 390 € pour les verres. Et le constat – mais vous l’imaginez bien – est sans appel : "…lorsqu’un consommateur choisit une paire de lunettes dans un budget dépassant le montant maximal de remboursement de sa complémentaire santé, nous constatons que dans près de 20 % des cas (17,9 %), la réaction de l’opticien est de proposer une fraude au remboursement en faisant basculer le prix de la monture sur celui des verres", explique un des journalistes de l’UFC.

Le coût annuel de cette fraude pour les consommateurs est évalué par l’UFC-Que Choisir à 142 M€.

Bien sûr, il faut être honnête (nous le sommes toujours sur ce blog ! ), 28 % des opticiens concernés ont cependant conseillé une monture moins chère.

L’UFC pointe également la prolifération des points de vente d’optique : + 47% en 12 ans. Ces magasins en surnombre vendent moins - en moyenne seulement 2,8 paires de lunettes par jour ouvré – mais plus cher. D’où un taux de marge brute évalué à 233 %...

Et ce n’est pas tout ! Prix peu lisibles, promotions généralisées, fraudes : l’enquête souligne également des pratiques bien connues de certains opticiens.

En effet, l’optique se caractérise par des offres promotionnelles permanentes, souvent sous la forme d’une deuxième paire de lunettes gratuite (voire une 3è …mais je me suis déjà exprimée là-dessus !). Et, cette pratique a évidemment un coût - répercuté sur le prix de la première paire - évalué à 120 M€ par an. Autre effet pervers, le client perd de vue (jeu de mot !) le coût réel d’une paire de lunettes.

Alors que faire ? Nos pouvoirs publics ne semblent pas réaliser que nos ingénieux vendeurs d’optique auront à cœur d’adapter immédiatement leurs barèmes et leurs pratiques aux futurs planchers et plafonds du contrat responsable. Pendant qu’une profession entière – l’assurance au sens large – brûlera du gaz pour adapter des milliers de contrats aux nouvelles contraintes, une autre profession fera également un travail d’adaptation mais qui lui sera générateur de chiffre d’affaires…

Etre gouvernés par des naïfs…cela pourrait être « sympathique » mais je ne sais pourquoi, après les résultats électoraux qui semblent prouver que la conduite du pays à d’autres priorités que régir le coût des lunettes, cela ne m’amuse pas !

Messieurs les politiques, laissez-nous développer nos réseaux de soins, articuler nos garanties intelligemment selon les besoins réels de nos assurés, ne pas vendre la même chose dans la Creuse ou à Neuilly, … laissez nous faire notre métier d’assureur et consacrez votre énergie à d’autres enjeux !!!

 

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